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mardi 3 octobre 2017

SESSION 2018


Comment s'orienter dans la clinique ?
Les usages du transfert




Comment nous orientons-nous dans la clinique et dans les institutions aujourd’hui ? A l’ère de la technoscience et du consumérisme, le lien à l’autre a pu être qualifié de liquide1, les caractéristiques de l’homme moderne seraient d’être sans liens, sans attaches. Le rapport à l’objet et au savoir s’en trouve modifié. Quelles en sont les conséquences dans le lien clinique ? 
C’est par un retour à un des concepts fondamentaux de la psychanalyse; le transfert, désignant depuis Freud, le moteur et l’obstacle au travail analytique que nous aborderons ces questions. La  complexité de la clinique sous transfert demande à en préciser le ressort. 
Si le transfert est à l’œuvre dès qu’il y a lien social, Freud en propose un, inédit, celui que créé la psychanalyse dont le moteur est un amour véritable2. Lacan développe et précise ce point important en indiquant que les affects (amour, haine …) ne sont pas la simple réédition du lien du sujet à l’Autre de son histoire. Au-delà deux axes constituent le transfert : l’objet et le savoir. Quel est donc l’objet du transfert analytique ? Quel en est le savoir ?
S’intéresser au transfert c’est aussi se préoccuper de comment le clinicien répond à l’amour de transfert. Un débat crucial entre alors en jeu avec les tenants du contre-transfert, soit la somme des sentiments de l’analyste. Est-il l’instrument et la réponse adéquats ? Lacan en renouvelle l’approche à partir de la notion de présence de l’analyste en s’appuyant sur le désir et l’acte.
Enfin, que devient le transfert une fois le travail clinique terminé ? Est-il infini, liquidé, résolu ? La nécessité de savoir lire les usages du transfert relève de la position du clinicien, car si elle en conditionne l’entrée, elle en conditionne aussi la fin.
La lecture du séminaire de Lacan - Le transfert– orientera le travail clinique et théorique de cette année. 

1 Bauman Z., L’amour liquide - De la fragilité des liens entre les hommes, Hachette littératures, 2004.
Freud S., Observations sur l’amour de transfert, 1915, in La technique psychanalytique, PUF, p. 126.
3  Lacan J. Le séminaire, Livre VIII. Seuil, édition juin 2001.  




11.01.18      Au commencement était l’amour 
Présentation du Séminaire   J-M Dutilloy 
Ressort de l’amour       C. stef 

15.02.18           Névrose et transfert 
Demande et désir              M. Barrier 
Maniements du transfert     P. Wartelle 

15.03.18       Psychose et transfert 
Pessimisme freudien        H. Mention 
Lacan : un traitement possible  L. Fournier 

19.04.18         Science et transfert 
Le maitre et l’analyste     C. Stef 
Une clinique scientifique       P. Wartelle 

17.05.18          Le contre-transfert 
La querelle du contre-transfert        L. Fournier 
Des usages du contre-transfert    M. Barrier 

14.06.18         Destins du transfert 
Liquidation, transformation, résolution?     J-M. Dutilloy 
Ce qui reste…       H. Mention 


11.10.18       Journée d’étude - Amiens

Télécharger la brochure
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Leçons d'introduction à la lecture 
des textes fondamentaux de la psychanalyse



Session 2018

La vie amoureuse

Ces leçons sont destinées : 
- à ceux qui souhaitent entreprendre une première approche de la clinique et de la théorie analytique. 
- aux étudiants des cursus universitaires (médecine, psychologie, philosophie…) ainsi qu’aux étudiants des écoles d’éducateurs, d’infirmiers, d’assistants sociaux, d’orthophonie, etc. 

« J’ignore combien d’entre vous connaissent la psychanalyse par leurs lectures ou par ouï-dire. Mais le titre même de ces leçons : Introduction à la psychanalyse, m’impose l’obligation de faire comme si vous ne saviez rien sur ce sujet et comme si vous aviez besoin d’être initiés à ses premiers éléments. »   
Sigmund Freud  - Introduction à la psychanalyse, Chapitre premier.

Il arrive à Freud et à Lacan de considérer que la science est venue modifier le statut de l’amour, et, à certains égards, en refaire une maladie...Nous sommes encombrés de l’amour, et pour longtemps encore, selon une expression qu’affectionnait Lacan : comme un poisson d’une pomme1.
1- François Regnault
Programme 2018

Le jeudi de 18h à 20h
Jeudi 11 Janvier 2018 -
La vie amoureuse et les hommes par  L. Fournier
Jeudi 15 Février 2018 
Et chez les femmes ? par H. Mention
Jeudi 15 Mars 2018
Le fétichisme par J.-M. Dutilloy
Jeudi 19 Avril 2018
L’amour, la haine par M. Barrier
Jeudi 17 Mai 2018
L’amour dans les psychoses par P. Delengaigne
Jeudi 14 Juin 2018
Amour et famille : du nouveau ? par P. Wartelle


jeudi 29 juin 2017

Echo de la conférence de Nathalie Jaudel
22 juin Reims
C.Stef
Nathalie Jaudel  donnait une conférence jeudi 22 juin à Reims,  en clôture de la session 2017 des Antennes clinique d’Amiens et de Reims, sous le titre, Le racisme et le corps.
On pourrait citer de nombreux articles et ouvrages de psychanalystes lacaniens qui ont fait le choix de sortir de leur réserve pour contribuer au déchiffrage du malaise dans la civilisation, devenu symptôme de l’Autre qui n’existe pas.
Racisme,  violence et terrorisme prolifèrent,  animés, toujours plus par la pulsion de mort. Mais pas que par la pulsion de mort. Ces phénomènes ne sont pas résorbables par les seules  nécessités de la jouissance.  Sous le titre, Le racisme et le corps, Nathalie Jaudel a centré sa conférence, sur l’invidia, l’envie, l’envie mauvaise que suscite le spectacle de la satisfaction obtenue par l’autre, le prochain l’étranger, inquiétant d’autant plus que familier, avec sa façon de vivre, son style, ses usages de l’image,  ses usages du corps, ses pratiques d’échange, de liberté ou  de soumission,  ses croyances, ses certitudes .. …. Quelques thèses suscitent le débat sur ces questions et c’est tant mieux.  Car les questions que posent le racisme les radicalisations de tous ordres  sont loin d’être tranchées.
Quand Lacan lance, L’inconscient c’est la politique,  le 17 Mai 1967, on entend  que les enjeux de la politique peuvent être déchiffrés, dans leur valeur singulière, au un par un, et on entend  aussi qu’il est sans doute possible à partir de ce déchiffrage, de s’orienter quant aux moyens de parer à la destruction de ce qui fait société, ce qui fait lien social civilisé.
Aujourd’hui la destruction est mise en œuvre par les différents variantes de la haine, de la honte, du ressentiment, et de la pulsion de mort, et aussi par la fureur aveugle d’une logique financière planétaire qui n’a, comme la science, ni âme ni conscience : ruine de l’âme, et de la civilisation, rejet du sujet parlant .
On peut à partir de ces points,  rechercher les causes de la radicalisation en France du coté des conséquences de la colonisation, mais aussi  du coté de l’ultralibéralisme qui d’une main fait s’équivaloir les objets de la consommation mondialisée, et de l’autre paupérise, ségrègue violemment un nombre de plus en plus grand d’hommes et de femmes qui se trouvent exilés de force, exclus de tous les circuits d’échange,  éventuellement candidats ou victimes  de mort violente.
C’est ce que Nathalie Jaudel a déplié ce 22 juin, en centrant son propos sur certains visages de la question.

La psychanalyse propose un tu peux savoir,  tu peux ne pas oublier, que la haine peut venir aux commandes, en tant qu’il est quand même plus supportable de faire porter à l’autre le poids de ce qui s’en va et qui revient, grimaçant, toujours à la même place, pour chacun.